Droit à l'image dans une vidéo d'entreprise : ce qu'il faut savoir

Dès qu'une personne est reconnaissable dans une vidéo diffusée, il faut son accord, de préférence écrit, qui précise les supports, la finalité et la durée. Un salarié peut refuser sans avoir à se justifier, et pour un mineur, ce sont les parents qui signent. Le reste se règle en préparant le tournage, pas au montage.

Enregistrement d’une interview autour d’une table, micros et caméra
En bref
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Le droit à l'image découle du respect de la vie privée (article 9 du Code civil) : une personne reconnaissable doit donner son accord avant la diffusion.

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Accepter d'être filmé ne vaut pas accord de diffusion : l'autorisation écrite doit préciser supports, finalité et durée.

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Un salarié peut refuser d'apparaître, et le lien de subordination rend son consentement fragile : le refus ne doit avoir aucune conséquence.

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Pour un mineur, l'accord écrit des parents ou du représentant légal est obligatoire, sans exception.

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Un générateur gratuit rédige l'autorisation en PDF, prête à signer.

Les règles de base, écrites une fois pour toutes. Ces informations sont générales et ne remplacent pas l'avis d'un juriste ou d'un avocat sur votre situation.

Faut-il une autorisation pour filmer quelqu'un dans une vidéo d'entreprise ?

Oui, dès que la personne est reconnaissable et que la vidéo est diffusée. Le droit à l'image se rattache au respect de la vie privée posé par l'article 9 du Code civil : chacun peut autoriser ou refuser la diffusion de son image.

Service-public.fr rappelle trois points qui changent tout en pratique. D'abord, l'accord doit être écrit et préciser le support, la finalité et la durée. Ensuite, le fait d'accepter d'être filmé ne suffit pas : on peut se laisser filmer sans consentir à toutes les diffusions. Enfin, réutiliser les images pour un autre usage demande un nouvel accord. Une interview tournée pour l'intranet ne part donc pas automatiquement dans une publicité sur les réseaux sociaux.

Deux régimes se superposent. Le droit à l'image relève du Code civil. Mais une image où l'on reconnaît quelqu'un est aussi une donnée personnelle, soumise au RGPD. La CNIL insiste sur la distinction : on peut être en règle sur l'un et pas sur l'autre.

Un salarié peut-il refuser d'apparaître dans la vidéo ?

Oui. Le contrat de travail ne donne pas à l'employeur un droit sur l'image de ses salariés, et un refus ne doit entraîner aucune conséquence pour la personne.

La CNIL le dit à propos des photos dans un annuaire du personnel : l'autorisation doit être exprimée sans ambiguïté, et elle recommande un écrit, qui sert de preuve et fixe la portée de l'accord. Son référentiel sur la gestion du personnel ajoute un point clé : dans une relation de travail, il est rare qu'un salarié soit vraiment libre de dire non. D'où l'intérêt de présenter la participation comme un volontariat réel, et de prévoir une solution pour ceux qui déclinent : les filmer de dos, hors champ, ou ne pas les filmer du tout.

Et quand le salarié quitte l'entreprise ?

Tout dépend de ce que dit l'autorisation. Elle ne s'éteint pas d'elle-même au départ, mais un film qui présente quelqu'un comme membre de l'équipe devient trompeur une fois qu'il est parti. Il est prudent de prévoir ce cas par écrit : durée limitée, retrait ou remontage de la vidéo à la demande, sort des contenus déjà publiés. C'est particulièrement vrai pour un film de marque employeur, où les salariés sont au centre.

Faut-il l'accord des clients et du public filmés lors d'un événement ?

Pas pour une foule où personne n'est isolé. L'accord devient nécessaire dès qu'une personne est cadrée seule et reconnaissable, en interview ou en gros plan.

Selon service-public.fr, une scène de groupe ou une vue d'ensemble d'un événement public peut se passer d'accord individuel, sous réserve de respecter la dignité des personnes et de ne pas poursuivre un but commercial. Or une vidéo d'entreprise a souvent une visée commerciale. Ce sont donc les plans larges qui protègent, pas l'exception elle-même.

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Afficher à l'entrée qu'un tournage a lieu, avec l'usage prévu et un contact : cela informe le public, sans remplacer l'accord de ceux qu'on isole.

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Prévoir une zone hors caméra pour les personnes qui ne souhaitent pas apparaître.

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Faire signer une autorisation à toute personne interviewée ou filmée de près.

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Au montage, écarter les plans où un inconnu est identifiable et isolé.

Tournage en extérieur devant un mur de street art

Mineurs, usagers d'un service public : quelles précautions de plus ?

Pour un mineur, l'accord écrit des parents ou du représentant légal est obligatoire, sans exception. Pour les usagers d'un service public, les règles sont les mêmes que pour tout le monde, mais la vigilance doit être plus grande.

Les mineurs

Service-public.fr précise que, pour un groupe d'enfants, chaque famille doit donner son accord écrit, et que l'enfant en âge de comprendre doit lui aussi être consulté. Quand c'est possible, faire signer les deux parents évite les contestations. La CNIL rappelle de son côté qu'une école doit obtenir l'accord écrit des représentants légaux pour publier des photos d'élèves.

Les usagers d'un service public

Piscine, médiathèque, résidence pour personnes âgées, centre social : les usagers n'ont pas choisi d'être filmés en venant chercher un service. Une collectivité du Morbihan ou d'ailleurs a donc intérêt à demander un accord explicite à chaque personne reconnaissable. Pour une personne sous tutelle ou curatelle qui ne peut pas décider de façon éclairée, c'est le juge ou le conseil de famille qui se prononce. Et la dignité prime toujours : pas d'images de soins, de détresse ou de situation sociale identifiable.

Que doit contenir une bonne autorisation de droit à l'image ?

Elle doit dire précisément ce qui sera diffusé, où, pour quoi faire et pendant combien de temps. Une autorisation vague, du type « tous supports, sans limite », est plus facile à contester.

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Les parties : la personne filmée, l'organisation qui diffuse, éventuellement le prestataire qui tourne.

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Le projet : titre provisoire, sujet, date et lieu du tournage.

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Ce qui est autorisé : l'image, mais aussi la voix, le nom, la fonction affichée à l'écran.

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La finalité : communication interne, recrutement, promotion, information du public.

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Les médias : site internet, réseaux sociaux nommés, intranet, salons, écrans d'accueil, télévision.

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La durée : un nombre d'années, avec ce qui se passe à l'échéance.

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Le territoire : France, Europe ou monde, ce qui compte surtout pour les diffusions en ligne.

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Les adaptations : extraits, versions courtes, verticales, sous-titrées, sans dénaturer les propos.

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La contrepartie : gratuité ou rémunération, écrite noir sur blanc.

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Le retrait : comment demander l'arrêt de la diffusion, et ce qui reste en ligne ou imprimé.

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Les informations RGPD : responsable, durée de conservation des images, droits, contact.

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Pour un mineur : identité et signature des titulaires de l'autorité parentale.

Chaque tournage reste un cas particulier : un modèle se relit et s'adapte, il ne se signe pas les yeux fermés. Une organisation qui diffuse beaucoup gagne à faire valider son formulaire par son service juridique ou son délégué à la protection des données.

Pour partir d'une base propre, utilisez notre générateur gratuit d'autorisation de droit à l'image : vous remplissez le formulaire, le document se rédige à côté avec les clauses ci-dessus, et vous le téléchargez en PDF prêt à signer. Rien n'est enregistré.

Que change le RGPD pour une vidéo d'entreprise ?

Il ajoute des obligations d'information et de conservation. Les personnes filmées doivent savoir qui utilise leurs images, pour quoi faire, combien de temps, et comment exercer leurs droits.

Concrètement, cela touche aussi les rushes : les images non montées restent des données personnelles. Il faut savoir où elles sont stockées, qui y a accès et quand elles seront supprimées. La CNIL rappelle qu'une personne peut demander l'effacement d'une image la concernant, et que le refus du diffuseur ouvre des recours devant le juge. Dans la plupart des projets, c'est l'organisation qui commande la vidéo qui décide des usages ; c'est donc à elle de tenir ces informations à jour.

Comment on gère les autorisations sur un tournage

Les autorisations font partie de la pré-production, au même titre que les repérages et le planning. Chez Cabèche, à Vannes, elles sont traitées avant le jour J, jamais en rattrapage au montage.

Lors du kick-off, on identifie qui apparaîtra à l'écran et pour quels usages. En pré-production, on liste les intervenants et on vérifie avec vous que chaque autorisation est prête et signée. Sur place, l'équipe est courte, deux ou trois personnes, ce qui aide à cadrer les passants en plans larges sans les isoler. Notre checklist de tournage en entreprise reprend ces étapes. Pour un projet en Bretagne ou ailleurs, le plus simple reste de nous en parler via le formulaire de devis.

Yann Guihard, fondateur de Cabèche Production, derrière une caméra sur trépied
Écrit par

Yann Guihard, réalisateur, chef opérateur et monteur, fondateur de Cabèche Production à Vannes. Télépilote de drone certifié depuis 2016.

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Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Vos questions sur ce sujet
Une autorisation orale suffit-elle pour diffuser une vidéo ? −

C'est risqué. Service-public.fr indique qu'un accord écrit est requis pour diffuser l'image d'une personne reconnaissable, et la CNIL recommande l'écrit comme preuve. Sans document, il sera difficile de démontrer ce que la personne a accepté.

Peut-on garder une vidéo en ligne après le départ d'un salarié ? +

Cela dépend de la durée et des conditions prévues dans son autorisation. Si rien n'est écrit, le plus sage est d'en discuter avec lui et, s'il le demande, de retirer ou de remonter la vidéo. Prévoir ce cas dès la signature évite le problème.

Faut-il flouter les passants dans une vidéo tournée en ville ? +

Pas s'ils forment une foule où personne n'est isolé. En revanche, une personne cadrée seule et reconnaissable doit avoir donné son accord, sinon on la coupe ou on la rend méconnaissable au montage.

Les deux parents doivent-ils signer pour un enfant ? +

Service-public.fr parle de l'accord des parents ou du représentant légal. Faire signer les deux titulaires de l'autorité parentale, quand c'est possible, limite le risque de contestation en cas de désaccord entre eux.

Combien de temps peut durer une autorisation de droit à l'image ? +

Aucune durée n'est fixée par la loi, mais elle doit être précisée dans l'accord. Une durée de quelques années, adaptée à la vie réelle de la vidéo, est plus solide qu'une autorisation illimitée.

Existe-t-il un modèle d'autorisation de droit à l'image gratuit ? +

Oui : notre générateur d'autorisation de droit à l'image rédige le document à partir de vos réponses (personne filmée, projet, supports, durée, territoire) et le produit en PDF. Pour un mineur, il prévoit la signature du représentant légal.

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Studio de production vidéo à Vannes, fondé par le réalisateur Yann Guihard. On intervient dans le Morbihan, partout en Bretagne et en France.

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